19 janvier 2009
2009 Année de tous les dangers ?

La CFDT présente ses vœux d’épanouissement personnel et professionnel aux salariés d’Air France.
La crise économique, par sa brutalité et son ampleur, est sans précédent depuis le krach de 1929.L’intervention des états a permis d'éviter une banqueroute générale, mais tous les moteurs de l'économie sont en panne (investissements, échanges commerciaux, crédits, consommation...).
La crise financière se répercute sur « l'économie réelle », la récession s'installe, la déflation menace, et toutes les entreprises y sont confrontées et doivent s'y adapter.
Le transport aérien n'est pas épargné. Air France non plus.
La Compagnie est dans un scénario de croissance zéro, voire de réduction de l'offre. Si nous gagnons des parts de marché et que le coefficient de remplissage de nos avions reste satisfaisant, notre recette unitaire chute.
Les entreprises mettent en œuvre des plans de réductions des coûts et des dépenses. La plupart ont donné des consignes strictes à leurs collaborateurs en vue de réduire le budget voyage : réduction des déplacements, voyage en classe économique plutôt qu'en classe affaire...
De semaine en semaine, cette tendance s'accentue et se traduit par une baisse de notre chiffre d'affaires.
Air France va devoir adapter sa stratégie.
Dans une telle période d'incertitude, ce sont les entreprises les plus réactives qui tireront leur épingle du jeu et seront en position pour rebondir lors du retour de la croissance.
Cette analyse et les solutions préconisées sont réaffirmées par la Direction, tant par le Président lors du dernier CCE, que par le Directeur Général dans sa lettre aux salariés.
Economies et contrôle strict des coûts , et au moins un maintien de la productivité actuelle, voilà la feuille de route donnée pour 2009.
La Direction affirme que la sauvegarde de l'emploi reste au centre de ses préoccupations. Cependant, elle annonce que la conjoncture ne lui permettra plus de renouveler, à l’identique, les garanties sur l’emploi dont bénéficiaient jusqu'ici les salariés d'Air France au travers de l'Accord Triennal de Gestion Prévisionnelle des Emplois (ATGPE).
Commentaire CFDT
Certes, chacun peut mesurer, à travers les informations diffusées chaque jour, la gravité de la crise, dont les experts disent qu'elle atteindra vraisemblablement son pic au 2ème trimestre 2009.
Les premières victimes de cette crise sont, comme toujours, les salariés.
Devant l’ampleur du désastre, on redécouvre les vertus de la régulation et la nécessité de bonnes politiques sociales... Les organisations syndicales n’ont eu de cesse de dénoncer les dérives du capitalisme financier et leurs effets : la précarisation du plus grand nombre et l'accroissement sans précédent des inégalités.
Au sein d'Air France, la CFDT s'est résolument engagée dans la contractualisation d'un pacte social au bénéfice des salariés mais aussi du groupe AF/KLM.
Ce pacte social a démontré son efficacité au cours des 10 dernières années. Air France a résisté aux tempêtes du 11 septembre 2001, de la guerre du golfe, du SRAS... et en est même sortie renforcée.
Deux accords successifs, l'Accord Pour Progresser Ensemble (APPE 2003-2006), négociés en pleine crise du SRAS et l'Accord Triennal de Gestion Prévisionnelle des Emplois (ATGPE 2006-2009), tous deux signés par la CFDT, offraient à cet égard des garanties uniques dans une grande entreprise : Garantie de l'emploi, garantie du périmètre de l'entreprise, et (dans l'ATGPE) mobilité professionnelle plutôt que mobilité géographique contrainte.
Les garanties de l'ATGPE nous couvriront jusqu'en juillet 2009.
La CFDT ne nie pas la gravité de la crise et les incertitudes qui pèsent sur sa durée.
Pour autant, l'avenir du transport aérien n'est pas menacé à long terme. Air France, comme le disent eux mêmes le Président et le Directeur Général, a de solides atouts pour tenir et rebondir. Nous restons d'ailleurs confiants dans la stratégie économique globale du groupe.
Les défis à relever sont importants : résister et anticiper face à la concurrence accrue des low-cost, et du TGV, intégrer les contraintes environnementales.
La priorité de la CFDT ,c’est la préservation des emplois.
La CFDT ne saurait accepter de changement radical de politique de protection des emplois, au seul prétexte d'une adaptation à la crise et au détriment des salariés qui n'ont pas démérité.
Vos représentants CFDT
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