03 novembre 2009

Air France veut désamorcer le malaise avec ses pilotes, mais pas avec le reste du personnel!!!

Mercredi 4 novembre, Gilbert Rovetto, directeur général adjoint chargé des opérations aériennes et de la sécurité des vols chez Air France, doit rencontrer les organisations syndicales de pilotes de la compagnie. Une réunion destinée avant tout à "pacifier" les relations. "Le malaise ne date pas d'aujourd'hui", déplore Christophe Pesenti, responsable du syndicat Alter, l'un des syndicats de pilotes d'Air France, "mais il s'est amplifié depuis l'accident du Paris-Rio", confirme-t-il.

 

Pis : au cours des dernières semaines, le débat interne s'est déplacé sur la place publique, par le biais de lettres ouvertes ou transmises aux médias. Deux syndicats minoritaires, SPAF et Alter - qui, depuis la catastrophe, ont fait de la sécurité un axe prioritaire et un outil de communication -, ont envoyé un courrier, le 15 octobre, à Pierre-Henri Gourgeon, directeur général d'Air France.

 

Dans cette lettre, les deux organisations syndicales menacent de faire grève si la direction d'Air France ne prend pas en compte leurs propositions sur la sécurité des vols. "Nous ne comprenons pas, expliquent-elles, pourquoi, au plus haut niveau de l'entreprise, on ne voit pas la réalité de notre situation."

 

"Notre organisation est déficiente (...). Les hommes en place aujourd'hui n'ont pas su accompagner le développement de notre entreprise", poursuivent-elles.

 

Cette accusation n'est pas restée longtemps sans réponse. Le 20 octobre, dans un courrier intitulé "Assez de polémiques et de faux débats sur la sécurité des vols", Pierre-Marie Gautron et Etienne Lichtenberger, respectivement directeur des opérations aériennes et directeur de la sécurité, répondaient aux pilotes sur un ton qu'eux-mêmes qualifiaient d'"inhabituel".

 

Dans cette lettre, les deux auteurs fustigent en effet les "spécialistes autoproclamés "en sécurité des vols" qui ne cessent de se répandre dans les médias et les casiers des PNT (personnels navigants techniques, c'est-à-dire les pilotes) pour donner leur explication de l'accident alors que les éléments sur lesquels ils s'appuient sont partiels, insuffisants voire totalement erronés".

 

Ils dressent aussi la liste d'une série d'incidents qui n'ont pas eu de conséquences graves mais auraient pu en avoir, comme par exemple une remise de gaz inappropriée ou une interdiction de décollage non respectée...

 

Dans ce courrier, il y a surtout une phrase qui, sortie de son contexte, semble faire référence à l'accident du Rio-Paris : "La simple application des procédures prévues aurait permis d'éviter l'événement. Il n'y a pas de procédure à corriger, ni de nouvelle procédure à créer", peut-on lire. La direction dément formellement le lien avec l'accident du vol AF 447. Mais pour de nombreux pilotes, c'est la phrase de trop, celle qui les met implicitement en cause.

 

"C'est une lettre de management et je l'assume, concède Gilbert Rovetto, même si je ne l'aurais pas rédigée dans ces termes." De ce courrier est née une sorte d'union syndicale. Le SNPL, premier syndicat d'Air France, qui était discret sur le dossier de la sécurité et qui n'appelait pas à la grève, a pris une position très ferme sur ce courrier "inacceptable", qui "cristallise la perte de confiance des pilotes dans la direction de leur entreprise".

 

Pour Gilbert Rovetto, "l'idéal, lors de cette réunion du 4 novembre, serait de pouvoir calmer le jeu et de ramener le débat en interne".

 

Commission de veille

 

La direction s'apprête à faire un certain nombre de propositions, comme la création d'un comité de suivi sur l'audit indépendant sur la sécurité qui devrait bientôt débuter au sein de la compagnie. Cet audit, demandé par le SNPL, devrait commencer dans les semaines qui viennent. Sa durée est estimée à un an.

 

Mais il n'est pas sûr qu'une telle annonce soit suffisante. Le syndicat Alter, minoritaire chez les pilotes, joue la surenchère et compte bien satisfaire deux revendications prioritaires : la création d'un comité paritaire de réforme chargé de formuler des propositions d'amélioration de la sécurité des vols, ainsi que la création d'une commission permanente et paritaire de veille sur la sécurité des vols.

 

A la veille de la réunion, ce syndicat affiche son scepticisme. Selon lui, l'annonce de la création d'un comité de suivi sur l'audit est loin de tout régler. "Il y a un problème structurel et culturel dans l'entreprise, affirme M. Pesenti. Un audit convoqué et rémunéré par la direction pourra-t-il arriver à la conclusion que cette direction ne joue pas son rôle, et préconiser un changement ? On en doute fortement."

 

 

Suite à cet article de presse la CFDT déplore une nouvelle fois que celà se répande dans la presse, de plus nous n'acceptons plus que TOUTES les organisations syndicales représentants l'ensemble des salariés, ne puissent parler de la sécurité des vols.

Les PNC sont tout autant concernés!!!

Nous rappelons que la CFDT a déjà saisi, sur cette question de la sécurité des vols, le Directeur Général Executif .

Commentaires

Selon les dernières informations, Pierre-Henri Gourgeon aurait décidé de sacrifier Gilbert Rovetto pour apaiser la situation et éventuellement sauver sa tête... A lire ici : http://titresdetransport.blog.capital.fr/

Ecrit par : titresdetransport | 04 novembre 2009

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